Article N° 8408

Camizestrant

Cancer du sein : revers clinique pour le camizestrant en premièr

Abderrahim Derraji - 13 septembre 2026 20:41

Le camizestrant, l’un des traitements sur lesquels AstraZeneca mise pour renforcer son portefeuille en oncologie, vient d’enregistrer un revers dans le cancer du sein avancé. Associé au palbociclib (Ibrance, Pfizer), le médicament n’a pas atteint le critère principal d’une étude de phase III menée chez des patientes atteintes d’un cancer du sein HR+/HER2− n’ayant pas encore reçu de traitement pour leur maladie avancée.

L’essai a inclus 1 371 patients présentant cette forme particulièrement fréquente de cancer du sein, caractérisée par des récepteurs hormonaux positifs (HR+) et l’absence de surexpression de HER2. Le camizestrant, commercialisé aux États-Unis sous le nom Etcamah, était administré en association avec Ibrance. Cette stratégie était comparée à Ibrance associé à une hormonothérapie standard.

Selon les résultats annoncés par AstraZeneca, l’association comprenant le camizestrant a permis d’obtenir une amélioration numérique de la survie sans progression. Toutefois, cette différence n’a pas atteint le seuil de significativité statistique fixé par l’étude. Le traitement échoue donc à démontrer sa supériorité dans cette large population de première ligne. Les résultats complets doivent être présentés lors d’un prochain congrès médical.

Cet échec intervient seulement quelques jours après une étape réglementaire importante pour le camizestrant. La Food and Drug Administration (FDA) américaine lui a en effet accordé une autorisation accélérée dans une population beaucoup plus ciblée : les patients dont la tumeur présente une mutation du gène ESR1. Ces mutations peuvent favoriser la résistance aux traitements endocriniens et constituent désormais une cible importante dans la personnalisation de la prise en charge du cancer du sein.

Les nouveaux résultats ne remettent donc pas directement en cause cette indication ciblée. Ils compliquent en revanche la stratégie visant à étendre rapidement l’utilisation du camizestrant à l’ensemble des patients HR+/HER2− dès la première ligne.

Le revers illustre également les difficultés rencontrées par cette nouvelle génération de traitements endocriniens. Quelques mois auparavant, une association reposant sur un médicament comparable développé par Roche avait elle aussi échoué à démontrer une réduction statistiquement significative du risque de progression chez des patients nouvellement diagnostiqués.

Le camizestrant conserve néanmoins un potentiel important, notamment dans les populations sélectionnées grâce aux biomarqueurs. L’enjeu sera désormais de déterminer quels patients tirent réellement le meilleur bénéfice de ce nouveau traitement.

Source : PharmaNEWS